Coulée de lave, coulée de sel... (Angel)


Angel mets du sel sur ses brûlures les plus anciennes ;
Angel mets du chlore, pur, sur ses yeux mi-clos ;
Angel a le nez carbonisé par la « neige carbonique »
Et de la boue sur sa bouche aux lèvres gercées.

Main rien ne lui fait plus mal, que le manque de toi.

Angel mets du cyanure dans le fond de ses chaussures ;
Angel mets du verre pilé, dans ses gants de cuir ;
Angel mets des frelons aux élastiques de ses caleçons ;
Et une cordelette serrée, tout autour de son cou.

Main rien ne lui fait plus mal, que le manque de toi.

Angel lance des coups de tête, violent contre les murs ;
Angel a mis des mois a comprendre qu'ils sont trop durs.
Angel a mis du temps, à présent, Angel est sur !
Et sa plus « belle » douleur est forcément à ta mesure.

Main rien ne lui fait plus mal, que le manque de toi.

Angel couvre de graisse ses nombreuses cicatrices ;
Angel brûle vif, à la braise, le moindre de tes caprices ;
Angel se noie dans l'alcool, le THC, la caféine,
Et les souvenirs laissés par sa « belle » héroïne.

Main rien ne lui fait plus mal, que le manque de toi.

Angel a pris dans ses bras une autre beauté divine ;
Ce corps de rêve, son aura, ont eu raison de ses peurs ;
Elle a su lire son désarroi, l'a dilué dans l'Amour,
Et elle s'en est allée pour quelque temps ou pour toujours.

Main rien ne lui fait plus mal, que le manque de toi.


La Bergère


La clairière bercée par le chan des oiseaux,
Et les ailes des insectes qui, effleurent ma peau..
La lumière y pénètre par des rayons ardents ;
Mais qui chante à tue tête en ce calme si troublant ?
La curiosité me lève, je pars en éclaireur ;
Et découvre soudain les lèvres d'où sortent ces clameurs.
D'une bergère si douce, à la beauté subtile ;
Avec ce regard une volonté farouche.
Elle maîtrise son troupeau tel que le faisaient naguère,
En cette montagne, ses ancêtres bergères...

Et nous nous sommes sourit, et nous nous connaissions ;
Comme si on s'attendait depuis toujours, comme si...
Depuis toujours !

La bergère m'a cueilli lors je faisais ma sieste,
La bergère m'accueillit laissant tomber sa veste.
Me dévoilant son corps et ses seins plantureux,
Me donnant son accord pour me plonger en eux.
Je n'avais connu,à ce jour, de similaire réveil.
De ces éveils pleins d'amour au pays des merveilles...

Et nous nous sommes sourit, et nous nous connaissions ;
Comme si on s'attendait depuis toujours, comme si...
Depuis toujours !

De ses mains bien plus douces que la laine de ses moutons,
Elle fit jaillir une source de tendresse et frissons.
Elle maîstrisait nos corps comme elle tenait son troupeau.
Jouant du corps à corps en serrant son chapeau.

Et nous nous sommes sourit, et nous nous connaissions ;
Comme si on s'attendait depuis toujours, comme si...
Depuis toujours !


Même pas peur  


Même pas peur de ne plus rentrer à l'heure, de toutes
façons tu n'as plu peur depuis que t'as plus d'honneur ;
Même plus peur d'affronter les conflits, et puis même
plus de rancœur ni de permission de minuit ;
Houais, longtemps...
Même plus mal de voir des gens crever ; De toutes façon
ce qui te ferait mal, c'est d'aller consulter ;
Même plus de bonheur pour ton meilleur copain ; De toute façon tes copains, ils ne sont pas malheureux.
Même pas foutu de te dire qu'il n'y a pas que toi sur terre,
même pas possible de rire même pas possible de se taire ;

Même plus soif tellement que t'es imbibé ; Même plus soif mais que tu continu à torcher.
Même plus d'amour dans ton cœur en mosaïque ;
Même pas d'amour mais des fils électriques.
Même plus de blanc dans le blanc de tes yeux ;
Même plus le vent ne te souffle les cheveux.

Même plus d'eau dans le fond de ton outre,
même pas d'eau mais t'en a rien à foutre...
Même pas de capote au milieu du tiroir, même pas de capote, tu ne baiseras pas ce soir ;
Même plus peur de ne pas s'endormir ; Même pas peur,
cela finira par revenir.

Même pas peur de ne plus rentrer à l'heure , de toute façon
tu n'as plu peur depuis que t'as plus d'honneur ;
Même pas peur d'affronter les conflits, et puis même
plus de rancœur ni de permission de minuit ;
Même plus mal de voir des gens crever ; de toute façon
ce qui te ferait mal, c'est d'aller consulter ;
Même plus peur de ne pas s'endormir ; Même pas peur,
cela finira par revenir.


Et le vent


Et l'Amour disparaît de la Terre ; Et les oiseaux chantent le contraire ;
Et j'implore de tout mon saoul :
« Qui est mon Père ? Où est mon Père ? »

Et les enfants pleurent aux frontières, et je ne compte que
des jours malheureux ;
Et je m'invente un dieu...
« Qui est mon Père ? Où est mon Père ?»

Et ces enfants sont morts ; Et ces femmes à la mer ! Et ce mal
à la terre ;
« Qui est mon Père ? Où est mon Père ?»

Et le ciel brille dans les yeux d'un gamin ;
Blotti dans le doux creux des bras de sa mère ;
Contemplent, transis, comment
Pour la première fois, le vent
Souffle contre la guerre...

Et l'Amour restera sur la terre, les oiseaux, ils auront
changé d'air !
Et je me sentirais fort avec mon Père ; avec mon Père !

Sans enfants qui pleurent, sans frontière ; Et je ne compte plus que des jours heureux ; Et j'ai mis au rencard tous
les dieux !
Avec mes Frères ; Avec mes Frères !

Et ces bébés qui naissent ; Et ces mâles qui sont fiers ;
Et ces femmes qui sont mères !
La Terre d'abord ; Terre d'abord !

Et l'Amour disparaît de la Terre ; Et les oiseaux chantent
le contraire ;
Et j'implore de tout mon corps :
« Qui est mon Père ? Où est mon Père ? »
Et ces bébés qui naissent ; Et ces mâles qui sont fiers ;
Et ces femmes qui sont mères ! La Terre d'abord ;
La Terre d'abord !
Et le ciel brille dans les yeux des enfants ;
Et le vent souffle contre la guerre...


Info / Intox  


Il m'arrive sans cesse avant de vous parler,
De réfléchir en vain sur l'inhumanité ;
On nous montre sans relâche, notre cupidité ;
Mais ou est la frontière de la moralité ?

Je parle un langage qui me ferait douter,
Des paroles indigestes qui paraissent insensées ;
Et ces pensées abstraites qui sont ma vérité,
Nous sont ni plus ni moins ; DECOMUNIQUEES ;

Maintenant que la culture est mondialisée,
L'information virtuelle n'a pas besoin de frapper ;
Elle entre par le réseau avec une étiquette ;
Et au JT de 20 heures, il y a complément d'enquête.

Je parle un langage qui me ferait douter,
Des paroles indigestes qui paraissent insensées ;
Et ces pensées abstraites qui sont ma vérité,
Nous sont ni plus ni moins ; DECOMUNIQUEES ;

Pauvres petits pays repliés sous les bombes ;
Qu'on nous montre par épisodes, mourants à quatre
pattes ;
Je ne suis pas messie, sauveur de l'hécatombe ;
je viens juste filmer les corps pour faire de l'audimat.

Je parle un langage qui me ferait douter,
Des paroles indigestes qui paraissent insensées ;
Et ces pensées abstraites qui sont ma vérité,
Nous sont ni plus ni moins ; DECOMUNIQUEES ;

Quand la guerre est finie, on nous montre à l'écran,
Un CCP auquel vous donnez votre argent ;
Mais ne croyez vous pas qu'on joue sur la pitié ?
Car ce compte est en fait, celui de mon PDG !

Je parle un langage qui me ferait douter,
Des paroles indigestes qui paraissent insensées ;
Et ces pensées abstraites qui sont ma vérité,
Nous sont ni plus ni moins ; DECOMUNIQUEES ;

Piéro le 8


Ramos  


Connaissez-vous l'histoire de Ramos ?
En dealant sa came frelatée, à des camés affamés,
Il avait pu s'enrichir, avec la poudre à mourir...
Ramos ;
La mort s'était son passe temps.

Toujours chargé, toujours enfouraillé, le calibre dans la voiture
Et les cailloux dans la ceinture ;

Toujours pisté, parano exacerbé, chaque jour une nouvelle maison ;
La faucheuse aux talons.

Jamais entendu, jamais pris par les lardus, tant il leur graisse la patte
A p'tits coups de 10 patates.

Ramos ;
La mort s'était son passe temps.

Toujours sapé, jamais d'laisser allé ; Il a la vie facile
Chez les couseurs de fil.

Toujours gavé, toujours accompagné ; Des billets à la pelle
Et les femmes les pluls belles.

Jamais effrayé et toujours prêt à buter le moindre
personnage
Qui pourrait lui faire ombrage.

Toujours les transactions et toujours plus de
poignon ; La soif de tout avoir,
Il met des filles sur les boul'vards.

Ramos ;
La mort s'était son passe temps.

Jamais plus Ramos, il est tombé sur un os. Un des camés n'est pas mort
Et lui a troué le corps.

Jamais plus Ramos, il est tombé sur un os. Un des camés n'est pas mort
Et lui a troué le corps.

Ramos...


Papillon  


C'est une si belle naissance
Suspendu à une feuille
Sortant de sa crysalide
Déploie ses ailes puis ouvre un œil

Illuminé par tant de couleurs
Lavé de ses impuretés
Découvrant le vide et la peur
Vient le moment de s'envoler

Maintenant fouetté par les vents
Poussé derrière et freiné devant
Ascendants sont les courants
Ils ralentissent les battements (d'ailes)

Il faut interrompre le vol
Se poser enfin au sol
Prairie d'herbe qui caracole
Un caillou stoppe l'aventure folle

Ce sera toujours la même chanson
Changer constament l'horizon
Résister idem à la mousson
Pendant toute ta vie de papillon


Placard(s)


Ce que j'm'en pose des questions, enfermé dans
« ma » prison.
Six lascars entreposés, sur des lits superposés ;
Ca fait combien d'kilos au mètre carré ?

Je mesure, je pèse, je compte... Je passe au radard
tous les recoins.
Je cherche tout ce qui pourrait m'emmener, loin...
Le bruit, les lumières, Paris... ouais Paris... Les paillettes... Les musées, les tableaux...L'Elysée, les tapis, les miroirs ; Les dorures sur les placards... ah... Les placards...
La classe.

Trêve de discours de préambule. Quatre cent vingt deux
kilos dans une cellule ça fait du cinquante kilos au
mètre carré. C'est trop !!

A l'Elysée dans un placard, on pourrait loger six taulards ;
Confort toutes options... Climatisé.

Ici la flotte suinte sur les murs.
Tout l'monde est gavé d'courbatures.
On est pas prêt de s'lyophiliser.

« Tu veux souffler un peu, va dans la cour ! ».
Grillages et miradors autour. Seul ta pensée peut s'évader.

Pour l'homme d'affaires, le politique...
Enfin, celui qui peut lâcher du fric, il y a les cellules VIP. Dorées.

Il faut comprendre que « la pénitentiaire n'a pas les moyens de Rockfeler ! » Et il faut bien faire entrer la monnaie.

Sachons que personne n'est à l'abris d'un bref passage au TGI ;
En assises ou en correctionnelle.

Si tu veux bien t'la faire, m'sieur le président ;
J'te conseille d'entamer les travaux maintenant...
Pour te faire un p'tit peu de place, dans mon placard.
« Pas de classe ».


Habib a El Jazaï...


J'ai traîné mes babouches à Bab El Oued,
Et ce depuis mon plus jeune âge,
Il fallait la voir cette misère,
Qui nous poussait à quitter l'bled.

Les rides des ancêtres et ces regards,
Tous trop pleins de vivre en comptant les morts.
On devait y aller, de l'autre côté de la mer ;
Où s'disait qu'il y avait des ponts d'or !

Sur le port, je jubilais d'bonheur ;
Et je me suis écroulé d'chagrin ;
A El Djazaïr j'ai laissé mon cœur !
A Massillia, je suis devenu Rien !

Après des kilomètres de soudure,
Et des containers de sacs d'amiante,
Mon bas de laine s'est rempli...
J'ai pu mettre un toit sur ma famille...

Sans pour autant soigner mes blessures,
J'ai mis en sourdine mes croyances,
En carburant au régime « Rikar / Golloise »
Je pensais planter mes racines en France.

Sur le port, je jubilais d'bonheur ;
Et je me suis écroulé d'chagrin ;
A El Djazaïr j'ai laissé mon cœur !
A Massillia, je suis devenu Rien !

Mais c'est l'cancer que j'ai cultivé.
Du déracinement et de l'indifférence.
Mes sentiments sont restés de l'autre côté,
Quand j'ai pris ce bateau nommé «Souffrances » !

Sur le port, je jubilais d'bonheur ;
Et je me suis écroulé d'chagrin ;
A El Djazaïr j'ai laissé mon cœur !
A Massillia, je suis devenu Rien !

Ah ! La France !!! Terre des oubliés ;
Qui oublie ses pairs dans l'air rance des villes,
A mi chemin entre Alger et la Gaule,
J'aurais p't'être pu trouver... une île...


Sang-guerres  


Sensibleries de l'âme et des glandes lacrymales,
L'émotion s'évapore, emportant les sentiments.
La compassion peu à peu, fait place à la pitié,
A en oublier les valeurs, la paix, la liberté.

Innocents couverts de sang, gisant dans les débris
D'une guerre sans nom que rien ne semble atténuer.
Sur tous les continents, ils meurent par cent, agonisent...
Entre les feux nourris de bourreaux imbéciles.

Certains disent, impétueux, qu'il en fût toujours ainsi.
Que la nature, elle même, fait sélection naturelle.
Que lors de la préhistoire, on s'entre-tuait aussi.
Que ces morts régénèrent la terre de vies nouvelles.

Un salaud moustachu fît également sa sélection.
Au même titre que des barbus déformant leur religion,
En Asie, on élimine les « tarés » dès la naissance.
Encore partout, toujours, les fanatiques se font violence.

Pauvres peuples opprimés, soldats déserteurs, réfugiés...
Je voudrais mourir cents fois pour épargner ces quelques vies.
Des milliers de vies parfois. Parfois prises en plein
sommeil.
Manger, dormir est un combat quand les obus tombent du ciel.

Cent cibles crient de larmes et des glands tiennent les armes.
Leur mission c'est de tout faire pour décimer l'ennemi.
Le décompte des victimes est leur indice de vérité. Ils ne savent
les valeurs : (celles d') être Libre et vivre en Paix.

L'ours mal léché


Tu veux vraiment visiter la caverne de celui qu'on appelle
« Ours mal léché » ?
Caricature ou bien réalité ? Tu veux vérifier par toi-même ;
Mais moi j'suis pas méchant ; Pas méchant !

On dit que je mange les p'tites cailles qui comme toi survolent la nuit ;
Et que quiconque entrant ici, entre dans l'antre du
cannibale...
Mais moi j'suis pas méchant...

Fait comme chez toi, mets-toi à l'aise ; moi je vais faire
péter une bouteille.
Le feu de cheminée, un petit cocktail, je souffle pour
attiser la braise ;
Tu vois que j'suis pas méchant ; Pas méchant !

Dans ton regard scintille de l'inconnu et du désir ;
Tu es venu ici pour me séduire, tu veux savoir si je te trouve belle ; Savoir si j'suis méchant.

Ton corps doré est à croquer, tes doux yeux bleus frisent
le marine ;
Mais sache qu'en pierre sont mes canines ; Mes lourdes mâchoires sont exténuées ;
Tu vois que j'suis pas méchant !

Viens avec moi plus près du feu, je voudrais te serrer dans mes bras ;
Je veux ni tes froufrous ni tes bas, je veux de la tendresse, pas l'grand jeu ;
Tu vois que j'suis pas méchant !

Le feu s'étouffe, le jour se lève, tu dis que tu reviendras
dans mon cocon ; Tu dis que je suis sucré comme un bonbon, dont le goût s'est figé sur tes lèvres.
Tu dis que j'suis pas méchant.
Pas méchant !