Cruche en calèche


Je connais une cruche, pas trés farouche,
Qui s'escarmouche dès que je la défriche ;
Elle s'amourache de mes caresses ;
donc je la fâche en lui bottant les fesses ;
J'enferme dans la huche à pain son caniche
Et « malabarde », goulu, son clitoris ;

Je connais une biche pas vraiment riche
Qui fait son speech en me roulant des splifs ;
Il y a une mouche à l'interstice
de son anus et de sa cuisse (gauche).
C'est dans ce pli de la sainte nitouche
Que glisse ma langue et slalome « tout schuss » ;

Je vois une baudruche qui est un peu louche ;
Elle rêve de se chauffer de ma bûche ;
Comme il y a une mouche sur mon phallus,
elle l'embrasse et me lèche la nuque...
Je me repose entre ses miches ;
Son mari se pointe alors je file dans ma calèche.

J'ai même une puce trés love and peace
Qui jouit en pissant lorsqu'elle me suce ;
Postulante au poste d'inspecteur de police,
elle grille une gauloise et m'appelle Clovis ;
Elle m'avalant, branleuse, elle pousse le vice,
Frottant son clito sur l'arme de service...

Je kiffe une grande perche, qu'n'est pas une flèche ;
Une « marie couche-toi là » que j't'enfourche ;
Elle habite Jarnac sur l'méridien de Greenwich
Et s'orne le fion d'une plume d'autruche ;
Câline et douce comme une biche... Capricieuse ;
Elle fait son caprice pour que je la chevauche.


Mots morphiniques  


C'est le vague intégral ; La version longue de l'attitude.
La culotte courte des certitudes.
L'altitude longitudinale du travers de porc.

Le film bouge le long du large...
Large de pierre ; Pierre qui déboule comme on déroule
le fil rouge ;
Affreux et à cent ! Sans kilomètre, qui vaincra l'heure ?
Leurre épique de la coke brisée en cristaux ou pleurs
épris éparpillés en pétards ?
Tu rentres tard, tu rotes à table,
L'étable est pleine d'odeurs malsaines.
Mécènes généreux,
Ma scène gêne et râle, c'est une première.
Primé hier par mes pairs,
blâmés aujourd'hui par mon Père,
Qui tuera qui ?
Permis de tuer l'œdipe...
L' œil dit peu parfois, et pourtant tant !
Tue-Moi mon Père,
Perdons ensemble cet épisode qui nous donne vie.

Dans l'ascenseur, nous attendrons pleins de tendresse,
Que l'échafaud ne nous transcende et transforme nos
formes en cendres.
Eventés sur les sables ocres de l'Hoggar,
Rouge comme ce fil qui nous unis ;
Filons, fuyons, creusons de nos mains ce tunnel
Menant au noyau de l'astre.
Eloignons-nous du désastre
Avec nos femmes et nos enfants.

Fendus de nos peurs, défendus par nos vers,
Vendus par les traîtres devant la devanture ;

Face au mur, tenus en joug,
Nous attendrons d'entrendre les rafales
Des balles qui étendront nos âmes, vagues.

C'est le vague intégral, la version courte de la mort.
Las, le Maure relève la tête,
La mort hisse au mât sa bannière.

Du bagne que j'ai fui au puits que je drague,
Il n'y eut qu'un pas.
Deux géants l'auraient pu faire,
Mais la puce, elle, n'eut pu sauter.

Un chien fou
plutôt qu'un loup
mordit la croupe du lutin sale
au trident rouge,
Et -diable ! -
qu'il devienne rouge aussi,

comme le devin le vin
qui fermentera le chêne de sa barrique,
transbahutée par des bourriques
grises tel l'hiver,
suantes comme la pluie...

Le divin vin devint deux vins :
Un fût de vin carmin, pur, sang, âpre ;
L'autre outre devint l'eau dans son vin...
L'eau de pluie,

Appuie !
Applaudie !
Aplatie entre tes paumes
ces pauvres mots que je veux psaumes,
ces piètres lettres que j'espère poèmes,
Et qui se paument en promenant de vagues sens, sans sang.

Ce sang sent cent saints,
censure sans cesse ces assassins
Et ceinture ces passants sans santé ni sainteté.

Intègre je suis !
Hilare aussi...
Hilarité intégrale d'un texte intègre n'ayant, Ô !,
Qu'un sens :
Celui de la simple lecture.

Enchantements de syllabes,
enchevêtrement de lettres,
enchaînement de mots, sans queue...
Sans queue ni tête, sans tige ni gland, sans sentir qui
du début ou de la fin fera le lien.
Lien des mots d'amis,
D'Amour.
Amour amer.
Lien de l'air,
l'ère de rien...
Rien de bon.
Bon sang de bonsoir,
Soir de pleine lune.

Lunatique et hystérique,
l'historique de cette pratique
étymologique
sans rhétorique,
but utopique,
n'a qu'une logique,
dont la formule magique
restera unique :

La lire vite,
avaler une boîte d'antalgique
pour enfin devenir...
...
... Amnésique.